Croix-des-Bouquets, bientot sur les ecrans

Publié: 21 décembre 2010 dans Haïti Culture

« Croix-des-Bouquets » est une œuvre de fiction qui a nécessité des recherches approfondies.
Cette œuvre de fiction est née d’une rencontre entre les auteurs en 1986, à l’occasion d’une conférence de presse. De là est né le premier jet d’un synopsis qui deviendra plus tard « Croix des Bouquets », en hommage à Henriette de St Marc, la première femme noire révolutionnaire pendue pour ses idées sur la place du marché de Croix des Bouquets, au temps de la révolution d’Haïti. Quant au contenu, il est inspiré de faits et de récits réels. Il répond au désir de présenter la société haïtienne avec ses contradictions : une société qui vit dans le non-dit depuis trop longtemps déjà, une société où les rapports entre dominants et dominés sont basés sur la couleur de la peau qui détermine les classes sociales et le pouvoir, une société qui se ferme les yeux sur la corruption et l’innommable. La langue écrite de ce scénario colle à la réalité des classes sociales décrites dans « Croix des Bouquets ». Ceux qui sont lettrés parlent une langue bien ciselée, les autres mélangent le français et le créole. Pour l’authenticité du film, on utilisera ces différents niveaux de langage. Nous avons choisi de raconter l’histoire d’une québécoise d’origine haïtienne issue de la bourgeoisie.
L’assassinat de sa mère l’oblige à retourner en Haïti. La dramatisation du récit cinématographique repose sur la tentative du personnage principal de récupérer l’héritage dont sa famille a été spoliée. L’actualisation de cette dramatisation dans le contexte de janvier 2010 apporte au récit une force dramatique nouvelle. Il en résulte une métaphore de la société toute entière, édifiée sur le mensonge, et encore prisonnière d’une indépendance ratée. La caméra devient alors le témoin et le narrateur de l’histoire d’une société vibrante qui n’arrive pas à se prendre en main et ferme les volets sur ses non-dits.

« Croix des Bouquets » est à la fois un cri du cœur et un constat sociopolitique corrosif.

L’HISTOIRE

Janvier 2010, Montréal. La comédienne Mia La Groue, bien connue du public québécois, apprend, sur le plateau de tournage de la série télévisuelle « Les voisins », dans laquelle elle interprète un des rôles principaux, que sa mère a été assassinée en Haïti : elle est effondrée. Mia loge aussitôt, dans son pays d’origine, une requête en annulation du jugement rendu antérieurement sur l’héritage de la famille La Groue, de riches propriétaires de guildives, dont sa mère, sa sœur et elle avaient été spoliées après la mort de leur père.

Quelques heures plus tard, Mia quitte son compagnon Pierre Garneau, une vedette du petit écran, et s’envole pour Haïti pour assister aux funérailles de sa mère. Sa comparution au tribunal, en plein carnaval, débouche sur un bras de fer avec les autorités et sur une confrontation violente avec sa sœur Barbara qui s’est ralliée aux héritiers illégitimes. Déboutée, accusée de trafic de drogue, puis emprisonnée, elle subit les pires sévices aux mains de leurs sbires, mais aussi de policiers et de militaires.

Mia est libérée grâce à Yolande, sa sœur adoptive, qui soudoie ses geôliers. Profondément affectée, Mia n’a plus d’autre choix que celui de fuir Haïti. Révoltée, elle détruit les infrastructures industrielles de l’entreprise familiale dont les héritiers illégitimes se sont emparés. Ces derniers lancent des tueurs à sa poursuite. Mia quitte Haïti sur une embarcation de fortune, la veille du jour du tremblement de terre de janvier 2010.
LA VISION ESTHÉTIQUE DU FILM

Un film d’action qui tourne autour d’un personnage principal qui doit accomplir quelque chose d’exceptionnel… Le personnage principal est une métaphore de la société toute entière. Ses interrogations, ses attentes, ses désirs, ses échecs sont à l’image du pays. Au cours du développement, et tout au long du récit cinématographique, nous suivons les destinées de ce pays, ce qui explique la très forte valeur documentaire de ce drame. Par conséquent, on peut parler ici de « Croix des Bouquets » comme d’un véritable docu-drama.

Mais la réalité qui nous est montrée ne se borne pas à faire découvrir ce qui apparaît mais à nous faire comprendre ce qui est caché. En ce sens le langage esthétique de « Croix des bouquets » s’articulera autour de deux pôles, l’un réaliste et l’autre surréaliste puisque seule une telle approche esthétique peut nous faire vibrer avec le cœur de ce pays. L’approche esthétique sera aussi influencée par les émotions que vivra la réalisatrice d’origine haïtienne qui a laissé son pays depuis près de quarante ans et qui, pour l’occasion, adoptera un langage novateur lui permettant de générer chez les spectateurs des émotions intenses.

 

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