Emmanuel ‘’Manno’’ Sanon, une légende bien vivante.

Publié: 22 décembre 2010 dans Haïti Culture

« Je tiens à exprimer un grand merci à Dieu, de m’avoir permis de voir le jour sous le ciel de ce pays si beau, si unique, si original. Ce pays que j’aime tant! Ma carrière glorieuse que vous venez de revivre avec moi, c’est grâce à ce pays que j’ai pu la poursuivre. Car il a fallu que je fusse Haïtien, pour arriver à survivre, en traversant les obstacles et les difficultés des débuts de ma carrière en Belgique. Et finir ainsi en beauté! Alors, mille mercis à mon pays! Haïti Chérie, je te dois beaucoup!

(Manno Sanon)

 

Le 21 février 2008,  tandis que le crépuscule tire sa révérence pour faire place au  jour, le ciel de la sixième ville de la Floride, Orlando est percé par une étoile filante ; un astre de moins, un homme est parti, Emmanuel ‘’Manno’’ Sanon n’est plus, il est emporté par une terrible maladie, le cancer du pancréas. Aussi bizarre que cela puisse paraître, l’écho de son départ a résonné si fort qu’Haïti s’est réveillée maussade, le cœur amer, l’âme attristée. Manno Toup pou Yo, Manno le héros, Manno a laissé ces bas-lieux, laissant derrière lui des bribes d’histoires que le monde n’oubliera jamais. Afin de permettre aux générations présente et  a venir de se rappeler de ce phénomène sportif, de ce précurseur des jours heureux de notre football, nous nous faisons le devoir de revenir sur les traces de son passé glorieux, son passé eternel.

Né le 25 juin 1951 de deux habitants de Kenscoff, Darius Sanon et  Cherisna Fortune, Emmanuel Sanon a vécu modestement, mais paisiblement son enfance. Au lycée Fabre Geffrard ou il fit ses études primaires, le jeune Emmanuel est vite remarqué grâce a son habileté à manier le ballon, sa virtuosité, mais surtout son sens du but qui en fait un félin des surfaces de réparation, donc un adversaire redoutable, un attaquant à craindre.

Quelques années plus tard, on le retrouve aux Lycées Firmin et François Duvalier pour ses études secondaires et ces écoles, bastions de sportifs allaient briller dans les compétitions interscolaires. C’est a travers ces dites compétitions ou le génie de Manno allait luire au grand jour au point que certains dirigeants de clubs dont le Don Bosco de Pétion-Ville allait faire appel a ses compétences, ses aptitudes d’une  rareté, qui, aujourd’hui encore se fait  sentir.

Ses nombreux buts marqués en championnat national l’ont placé dans la ligne de mire des sélectionneurs nationaux qui l’ont intégré dans l’équipe qui devait affronter le Mexique et le Trinidad lors des épreuves éliminatoires de la phase finale de la coupe du monde de 1974, tenue a Munich (Allemagne). Dans cette poule ou il n’y avait qu’un billet à prendre pour l’aventure européenne, Haïti était l’équipe la plus faible, mais aidé de ses coéquipiers, le jeune kenscoffien allait, contre toute espérance, faire flotter le bicolore de Dessalines sur la terre du Führer.

 

Emmanuel Sanon, est-il mort ? Mourra-t-il ? Impossible, car comme l’a si bien dit le docteur Clemard Joseph Charles :

‘’Un homme ne meurt jamais lorsque sa mémoire vit dans celle des autres.’’

Pour avoir qualifié la première équipe de la caraïbe a une phase finale de coupe du monde de football, pour avoir marqué contre la redoutable équipe Argentine, vice-championne de la compétition, la Pologne, grande puissance mondiale du football a l’époque,  contre l’Italie, dont les buts furent protégés par le mur-vivant, Dino Zoff, gardés vierges pendant douze rencontres.

‘’Emmanuel  Sanon, le puissant  attaquant  de Port-au-Prince, a réussi ou les plus grands joueurs du monde ont échoué, face a  Dino Zoff.’’

(Hugh McIlvanney, The Observer)

En quatre ans, ce joueur racé a marqué 47 des 106 buts de l’équipe nationale et s’est positionné du coup parmi les meilleurs buteurs haïtiens de tous les temps. Son passage en Belgique fut particulièrement remarqué par ses distinctions de meilleur joueur et meilleur buteur.

Le 21 février 2008, un prodige est parti, c’est le monde sportif qui est en deuil ! Penserons-nous à construire un stade pour immortaliser son nom ?  C’est le moindre qu’on puisse l’offrir, car il nous faudra des siècles pour comprendre la grandeur de la carrière de cet homme que nous avons vu, a titres de joueur, entraineur, conseiller. Que ton âme repose en paix Manno ! Tu demeureras dans nos cœurs et pensées le héros du sport national, une légende bien vivante et éternelle.

 

 

 

64-65       : Vainqueur championnat national 4eme division

65-66       : Vainqueur championnat national 2eme division

67-67      : Vice-champion interscolaire

67-68      : Vainqueur tournoi interscolaire

67-68    : Meilleur buteur sélection nationale juvénile

68-69    : Vainqueur tournoi interscolaire

69-70    : Vainqueur Championnat national 1ere division

69-70    : Vice champion Concacaf

71-        : Vice champion Concacaf

73-        : Champion Concacaf

74-        : Buteur en coupe du monde

74-75    : Beerschoot Athletic Club (Belgique)

76-77    : Champion Coupe d’Anvers

77-        : Vice champion Concacaf

79-80    : Champion Coupe Belgique (Meilleur Joueur)

80-81    : Miami Americans (4 fois,  élu meilleur joueur)

81-82    : Demi-finaliste Soccer bowl (NASL)

81-82    : Vainqueur championnat de football en salle

82-83    : Demi-finaliste Soccer bowl (NASL)

82-83    : Vainqueur championnat de football en salle

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