Fabrice Rouzier, une icone dans la musique haitienne

Publié: 23 décembre 2010 dans Haïti Culture

Si on cherche une icône de la musique haïtienne par son talent, la qualité et la quantité de son œuvre, le profil et la carrière de Fabrice Rouzier font de lui le choix idéal. L’artiste a répondu a nos questions, car nous avons juge qu’un tel musicien ne devrait rester inconnu pour quiconque.

Qui est Fabrice Rouzier?

Je suis né un lundi 6 mars 1967 au Canapé Vert à Port-au-Prince. Je suis marié à une femme extraordinaire et Dieu a béni notre foyer en nous donnant deux filles. J’ai été bien encadré par ma famille et par mes amis. J’ai  grandi à Bwa Moket, Pétion-Ville, non loin du quartier ou vivait la majorité des musiciens des Difficiles (Henri Célestin, Claude Marcelin, Porky Hérissé et Robert Martino) ou des Gypsies comme Reynold Nader « Cincin ».

J’ai été bercé chaque vendredi soir, pendant longtemps, par la musique du super groupe Bossa Combo, qui jouait à l’hôtel Ibo Lélé. J’ai eu aussi la chance de faire mes études à l¹Institution Saint-Louis de Gonzague. Je suis détenteur d’un Bachelor of Science en Administration et en Marketing de l’Université de Baltimore.

Comment es-tu devenu musicien ?

Je suis né musicien, je suppose.  Mon frère ainé m’a souvent mis une lourde basse électrique sur les genoux pour que j’accompagne ses solos à la Robert Martino. J’ai appris les rudiments du solfège et du piano grâce a ma tante Marguerite Borno et aussi grâce à Mme Micheline Laudun Denis, une des meilleures musiciennes qu’ait connu ce pays. Je n’ai malheureusement pas poursuivi mes études en musique. Teenager, j’ai aussi été DJ et c’est comme ca que j’ai développé un goût particulier pour différents genres de musique. J’ai réellement « appris » à l’écoute des meilleures formations Haïtiennes et Internationales : DP Express, Magnum Band, Les Frères Dejean, Zekle, Earth, Wind and Fire, les Wailers, les Beatles…

Comment es-tu devenu le génie que tu es ?

Je suis très loin d’être un génie.

Parle-nous de ton parcours musical

Nous avions toujours des petits groupes de quartier avec pour tout instrument des vieilles marmites mais j’ai vraiment commencé grâce à Hans Peters qui m’a un jour de 1984 demandé de l¹accompagner sur un morceau qu¹il avait composé « Mizik la sou ray » pour son groupe Pirog¹. Nous avons été à Audiotek et j¹ai été littéralement fasciné par ce que j’y ai vu faire Bobby Denis et Patrick Déjean. Depuis lors, mon ami très regretté John Doane m’a vendu un clavier et mon aventure en musique a commencé.

 

J’ai participé à la fondation ou à l’éclosion de plusieurs groupes ou artistes solos : Emeline Michel avec qui j’ai écrit la chanson « Flanm », Sweet Micky, Beethova Obas.

Mizik-Mizik est né en 1986 à l’occasion du 1er concours American Airlines. Tout de suite après, je suis parti pour mes études universitaires au Maryland, U.S.A et là, j’ai fait un peu de tout : De la Cumbia, De la Salsa, Du Reggae. J’ai fait partie des groupes Washington Express et G.P. Express.

De retour en Haïti, pendant l’été 1988 nous avons fusionné Mizik-Mizik avec le Djakout Band des frères Lauture pour créer Djakout Mizik. L’été suivant l¹époque aussi avec Boukman Eksperyans. En Mars 1990, j’ai été appelé à remplacer Ernst Marcelin R.I.P au sein du Tabou Combo pour une aventure qui allait durer environ 3 ans. Vers la fin de mes études en 1992, j’ai fait un brin de musique africaine aussi. Mon retour en Haïti coïncidait avec la première tournée ici du groupe Lakol. Peu de temps après ma tournée avec Lakol, Kéké Bélizaire et moi avons décidé de remettre Mizik-Mizik sur pieds. Entre temps, j’ai aussi joué avec le Caribéen Jam de Boulo Valcourt, Jahnesta, Belo et toute une pléiade d’artistes.

Sur combien d¹albums as-tu déjà participé ?

A date, un peu plus de 300.

Ta meilleure expérience en musique ?

Ma meilleure expérience reste toujours celle que je n’ai pas encore faite. Néanmoins j’ai plusieurs souvenirs très agréables : Des jams privés avec des artistes incroyables, les chansons et les disques à succès, les tournées avec Tabou Combo, nos dimanches au Steak-Inn, le 1er voyage de Mizik-Mizik au Japon, les tournées avec Haïti Twoubadou et le méga concert des 75 ans de la Comme Il Faut au Champ de Mars, le premier prix RFI avec Bélo au Cameroun, le concours DIGICEL STARS.

 

 

 

Ton rêve d’artiste ?

Il y en a tellement, collaborer avec certains de mes artistes favoris ou composer une chanson qui atteint les tops mondiaux.

N’as-tu aucun projet solo en cours ou en perspectives ?

Peut être un jour.

Comment s’est développé cette complicité entre toi et Kéké ?

Je ne sais même plus quand on s’est rencontrés. Je sais que c’est arrivé grâce à notre ami commun Maxence Denis. Kéké est comme un frère pour moi et pour mes frères et sœurs. Nous compensons mutuellement nos lacunes grâce à notre entente et notre jeu d¹ensemble.

Le bilan au sein de Mizik Mizik après plus de deux décades.

Un bilan mitigé, diront plus d’un mais une histoire fantastique pour nous et pour nos fans. Un parcours en dents de scie mais quel parcours ! En 20 ans, Mizik-Mizik a fait le tour de la planète et a fait de son mieux pour amener la musique Haïtienne et pas juste le Compas vers d’autres cieux. Nous nous estimons bénis d¹apartenir au club combien restreint d¹institutions Haïtiennes ayant pu célébrer 20 ans d’existence.

Peut-on espérer retrouver Emmanuel Obas et Vardy Pharel au sein du groupe ?

Pour un concert ou deux, peut être Emmanuel et Vardy ont chacun leur vie et malheureusement, plus on vieillit, moins on reste maître de son destin. Emmanuel vit au New Jersey et Vardy à Porto Rico. C’est très loin du reste du groupe qui vit ici en Haïti.

Pourquoi Mizik Mizik n’est pas aussi actif que les autres groupes ?

Pour deux raisons principales :

1) Mizik-Mizik reste un des rares groupes à être financé exclusivement par ses rentrées : La recette d’une soirée, les royalties sur les albums ou l’apport des sponsors réguliers

2) Parce que parallèlement a la musique, la majorité d’entre nous a choisi d’embrasser une carrière professionnelle, pour subvenir à nos besoins et à ceux de notre famille, qui nous empêche de consacrer notre vie uniquement à la musique.

Un mot pour conclure aux lecteurs de culture509

Merci aux nombreux lecteurs de culture509 et à l’équipe de la rédaction. Continuez, je suis l’un de vos fervents branchés.

 

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