Il était une fois, Jacques Roche

Publié: 26 janvier 2011 dans Haïti Culture

La presse haïtienne, la vraie, militante, libre, indépendante a toujours été l’objet de menaces et de persécutions et cela a causé la mort de nombreux grands tribuns du milieu. Depuis la disparition de ces icônes, une vague de travailleurs de la presse déferle sur les ondes avec beaucoup de déchets. Certaines fois, devant son poste récepteur, on a l’impression d’auditionner des muets, car le « woy woy » a chassé l’excellence. Pour garder allumée la flamme de ces grandes figures, cette semaine, nous nous faisons le devoir de les présenter à nos branchés.

 

 

Ligoté sur une chaise, les mains menottées, recouvert de traces de brûlures, d’empreintes de sévices de toutes sortes, le corps perforé par plusieurs projectiles, la langue tranchée… C’est l’ultime portrait physique qu’on peut dresser de Jacques. Jacques ROCHE, retrouvé sur le pavé de Delmas 4, le 14 juillet 2005, après avoir été enlevé quatre jours plus tôt à la ruelle Nazon, tandis qu’il rendait visite à de proches parents.

Victime de l’insécurité généralisée ou cible de l’un de nos véreux politiques… Nous ne sommes en mesure d’émettre aucune opinion, car les évènements qui ont conduit à son lâche et sauvage assassinat nous laissent perplexes
et dubitatifs. Toutefois, une chose est certaine, le poète de notre flore disparue, l’intercesseur de notre indépendance violée n’est plus. Ne nous reste qu’un triste refrain : ‘’ Il était une fois Jacques ROCHE’’.

Méritait-il de mourir de cette façon? Mystérieuse interrogation à laquelle le Très-Haut seul serait en mesure de répondre ! Toutefois, pour l’histoire et la vérité, tâchons de répondre à une question bien plus simple : Qui était Jacques ROCHE ?

Né à Port-au-Prince le 21 juillet 1961, il a fréquenté l’Institution Saint Louis de Gonzague, où il a brillé par sa simplicité et son intelligence rarissime. Amant de bonne musique, de peinture, de belles lettres, passionné par la Culture Générale en général, il s’est toujours distingué dans ses déclarations et prises de position tant dans leur forme que leur fond.

Après l’étape classique, il s’inscrivit à l’INAGHEI, où il décrocha avec brio diplôme et licence en Gestion. Culturellement avisé et socialement évolué, Jacques fut vite repéré parmi la foule. On dirait de l’or massif projetant ses rayons au milieu des pièces de toc. Nombreux médias, dont TELEMAX, le quotidien LE MATIN, RADIO IBO se payèrent ses services dans l’animation et la Co-animation d’émissions à caractère social, politique, culturel et sportif.

Si Jacques ROCHE a toujours vécu célibataire, il n’a jamais divorcé de sa plume au point de léguer aux générations présentes et à venir : ‘’ Le vent de liberté’’, des chansons, des poèmes aux thèmes divers pour des goûts divers. Si sa renommée de critique littéraire, de diseur l’a devancé par delà les frontières, ils sont peu ceux qui avaient la chance de connaître ses talents de peintre, de dessinateur.

Sur la longue et interminable liste de nos valeurs poussées vers le trépas, figure Jacques ROCHE, dont les langues venimeuses n’avaient ni sali, ni empoisonné l’image, jusqu’au meurtre crapuleux dont il fut l’objet et son nom n’a jamais été associé à une quelconque action vile, indigne de ses talents, son savoir et son rang.

Physiquement, Jacques n’est plus, mais il demeurera éternel, car :
‘’ Un homme ne meurt jamais lorsque sa mémoire vit dans la mémoire des autres !’’

Parents, collègues, amis et admirateurs… Plus de cinq ans depuis que cet Homme-Roc nous a laissés. Le temps n’est pas au deuil, car voilà plus de cinq ans depuis que le mal s’est prouvé faible et insignifiant face au bien, que les ténèbres ont plié l’échine devant l’aura de ce poète des sans voix, des laissés pour compte, des oubliés de la société, des habitants de l’ombre.

A ceux dont les larmes sont intarissables, souffrez que je vous laisse avec cette phrase du philosophe EPICTECTE :

‘’ La mort n’est qu’un petit incident dans la vie d’un homme bon, il peut même en hâter la venue s’il trouve que le mal l’emporte trop lourdement sur le bien !’’

commentaires
  1. Yvie dit :

    j’ai pris plaisir a lire cet article,tu ne saurais mieux decrire cet Homme. Bravo

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