Jean Léopold Dominique, dix ans déjà

Publié: 26 janvier 2011 dans Haïti Culture

Jean Léopold Dominique est né le 31 juillet 1930 à Port au Prince et fait ses études primaires et secondaires à St Louis de Gonzague. Très engagé dans la lutte des lycéens et étudiants de 46, il est renvoyé de St Louis pour ses « idées de gauche ». Il rentre en 1948 à Damiens et obtient en 1951 son diplôme d’agronome de l’École Nationale d’Agronomie.


Après avoir travaillé comme assistant du chef de la section d’horticulture de Damiens, il est bénéficiaire d’une bourse en recherche génétique à l’École Supérieure d’Application d’Agriculture Tropicale a Paris dont il est diplômé ingénieur-agronome en 1954, après des stages en recherches génétiques aux stations expérimentales de Versailles en France, de Cambridge en Grande Bretagne et de Port of Spain à Trinidad. Un nouveau stage de recherche d’un an au Laboratoire de Génétique de Bondy en France boucle son cycle d’études et de recherches. Étudiant en France, il s’intéresse à la politique et devient membre du Parti Communiste Français. Il s’intéresse aussi passionnément au cinéma.

En 1955, Jean Dominique rentre en Haïti. Il travaille comme agronome des « divisions du Nord et de Bayeux » pour l’Institut Haïtien de Crédit Agricole et Industriel et la SHADA, jusqu’en 1960. Dans le Nord, il est attaché d’abord à une exploitation de sisal de 2000 hectares, alimentant une usine de préparation de fibres. Il dirige ensuite une ferme de 60 hectares d’agrumes pour le marché local et l’exportation vers les Antilles Britanniques. Transféré à Bayeux, il dirige toujours pour l’IHCAI, une exploitation de 2000 hectares d’Hévéa alimentant une usine de caoutchouc pour l’exportation.

 En 1958, Jean est forcé de quitter son poste et sa profession d’agronome après la mort de son frère, le lieutenant Philippe Dominique tué les armes à la main sous le régime de François Duvalier. Jean est incarcéré aux Gonaïves. À sa sortie de prison, il se recycle dans l’enseignement des mathématiques et des sciences naturelles. Les années qui suivront sont celles de la militance clandestine contre la dictature sous couvert d’émissions culturelles pour la radio et la télévision. En 1968, Jean Dominique devient locataire de Radio Haïti avant de l’acheter de Ricardo Widmaer en 1972.

En 1980, la radio, de plus en plus impliquée politiquement avec des émissions d’information en créole, pour la première fois dans l’histoire de la radiodiffusion en Haïti, est saccagée par la police politique. Tous les employés de la station sont arrêtés le 28 novembre, certains expulsés. Jean Dominique, absent de la station à ce moment là, échappe de justesse a l’ordre de l’abattre a vue, donné par le Colonel Jean Valmé. Cinq jours après, il doit chercher asile à l’Ambassade du Venezuela. Il arrive à New York deux mois après pour un exil qui durera 6 ans. Il ne regagnera Haïti que le 4 mars 1986, accueilli par près de 60.000 personnes à l’aéroport. La station est reconstruite grâce à la solidarité de nombreux haïtiens en Haïti et en diaspora.

De 1986 à 1991, Jean dirige Radio Haïti et anime plusieurs émissions d’actualités. Nouvel exil en 1991 après le coup d’état. Radio Haïti n’est réouverte qu’en 1995. Jean Dominique est assassiné le 3 avril 2000.

commentaires
  1. elfils dit :

    je me souviens toujour de cette date car par coinsidence c’est la date de mon aniversaire

  2. Kiki dit :

    Il y a des choses que je ne savais pas, merci Culture509. Je me souviens de 7 assassinat, il y avait pas de classe ce jour…hmmm c’est triste, mais l’enquete continue…

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