Rencontre avec Alphonse Piard de KARIJAZZ

Publié: 2 février 2011 dans Haïti Culture

KARIJAZZ est l’un des rares web sites haïtiens qui se spécialisent dans la promotion, la vulgarisation du jazz aux couleurs créoles. A ce sujet, nous avons rencontre Alphonse Piard, l’un des membres fondateurs de ce site.

D’ou est venue l’idée de créer KARIJAZZ ?

Il y a un peu plus d’une dizaine d’années, j’ai rencontre mon ami Karl Joseph a l’enterrement d’un ami commun aux Cayes, ma ville natale. A travers une longue conversation, nous nous sommes rendu compte que nous partageons une passion commune, le jazz et un intérêt commun pour le groupe Foula, l’une des grandes figures du jazz créole et probablement l’expérience la plus achevée en termes d’originalité et d’expression musicale haïtienne. Une idée assez vague d’une éventuelle promotion à la radio émergea de cette entrevue. Je crois que nous n’en avons plus parle jusqu’au jour ou il m’appelle pour m’inviter de faire partie de cette grande aventure que nous connaissons maintenant sous le vocable Karijazz. C’était au cours du mois d’aout 2006. Vous connaissez la suite…

A travers ce site, vous faites la promotion du jazz inspire de nos rythmes traditionnels .Jusqu’a présent, comment le public réagit face a cette musique communément appelée jazz kreyol.

 

L’intérêt suscité malheureusement est faible et l’apathie envers cette forme de musique s’explique par l’absence de promotion des œuvres de ces artistes dans les medias (journaux, radios et télévisions), l’absence de politique culturelle sérieuse dans notre pays, par la réalité socio-économique du vaudou dans notre histoire et enfin par les inhibitions religieuses qui pullulent dans notre psyché collectif. Cette démarche d’intégrer des structures de jazz sur des fonds polyrythmiques a vu le jour dans les années 70.

A degrés divers, des individus comme Gerald Merceron ou de groupes musicaux tels que : Ibo combo, picoranaya, ca…et plus tard Ayizan et Foula ainsi que les frères Widmaier, pour ne citer que ceux -la ont travaille a ce métissage et ont produit des œuvres de qualité qui mériteraient une attention plus large que celle gérée jusqu’a présent.

Selon vous, est ce qu’il y a un avenir pour les groupes et artistes de cette tendance au niveau local et international. ?

Au niveau local, je pense que nous devrions d’abord avoir  une promotion systématique de cette  musique dans le sens mentionnée tantôt, pour évaluer ensuite ses chances d’être acceptée, adoptée et embrassée comme partie intégrante de notre patrimoine culturel.

Quant à l’impact au niveau international, une musique inspirée d’un instrument  dont l’influence viscérale sur l’haïtien est proverbiale. Je veux bien sur parler du tambour, ne peut susciter que l’engouement du monde musical international qui lui aussi est a la recherche d’un renouvellement incessant de l’expression musicale. Le succès d’Equinox, Sound Keeping recording 2010 deTNLB (Tanbou nan lakou Brooklyn) illustre très bien ce que je viens de dire. Le caractère percussif de cette musique se révèle dans la mesure de la qualité audiophile des enregistrements en direct sans mixage. Plus de 6 magazines spécialisés pour audiophiles ont écrit une chronique sur l’album. D’un autre cote, le projet Ayibobo du guitariste Jean-Claude Bourjolly en collaboration avec les anciens membres du groupe  Foula a été très bien accueilli lors d’une série de concerts donnes  dans le cadre du projet <<ATLANTIQUE NOIRE>>  par le département des <<CULTURES DU MONDE>> a Berlin. On pourrait aussi citer l’expérience, <<Kilti Ckok>>, l’initiative de l’ambassadeur Duret au japon. Tout se résume finalement à une question de promotion et de canaux de distribution viable pour la promotion de cette musique.

Quels sont les projets de KARIJAZZ à court moyen et long terme ?

KARIJAZZ est essentiellement un site thématique .Le but primordial est d’ouvrir une lucarne sur la musique dont nous parlons. Nous ne sommes pas dans la promotion, car nous n’avons pas les ressources pour le faire. Notre idéal serait de pouvoir réaliser des projets qui privilégieraient une musique issue d’un processus de <<Métissage Renverse>> a l’instar d’un Foula, d’un <<Tanbou nan lakou Brooklyn>>, le quatuor de Markus Schwartz ou encore  <<kouzen Azakamede>>  le premier album du guitariste Monvelyno Alexis.

 

Par  <<Métissage Renverse>>, j’entends une musique qui prendrait son point de départ a partir de notre musique sacrée, de nos rythmes et intégreraient des éléments de jazz pas l’inverse qui est la tendance majoritaire aujourd’hui. Nos projets  à long terme seraient de réaliser des documentaires sous formes de Podcat qui dresseraient le portrait des acteurs et protagonistes de ce merveilleux mouvement connu sous le vocable de JAZZ CREOLE et qui retraceraient les étapes de l’histoire de cette musique.

contacts:
http://www.karijazz.com courriel:alpi@karijazz.com

 

Propos recueillis par Andre Fouad

 

 

commentaires
  1. Herve Fanini-Lemoine dit :

    Hello
    Cela a l’air bien. J’ai quelques chansons que j’aimerais enregistrer, est-ce qu’il y a un moyen de le faire avec votre organisation ?

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