Réactions autour de la mort d’Azor

Publié: 18 juillet 2011 dans Haïti Culture

Azor n’est pas mort, il me l’a appris samedi soir à la ville bonheur, Saut d’eau! Aujourd’hui, il vit en tous ceux qui portent le nom d’Azor. Son rêve était de faire de chaque tambourineur, un musicien respecté, car en Haïti, ces derniers sont toujours traités avec irrespect.

François FORTUNÉ, Mestro de Racine Mapou)

 J’ai reçu la nouvelle douloureusement… je savais que cette possibilité était à l’horizon l’ayant accompagné lors d’une tournée en mai 2010 au Japon. À ce moment, je prenais soin de lui du mieux que je le pouvais là bas, constatant bien qu’il était fragile. Grande est son âme, il a su traverser cette éprouvante tournée de 10 villes du Japon dignement…

Il souhaitait encore faire tant pour le pays et était très affecté par le séisme du 12 janvier. À être en sa présence et à l’écouter, dans mon cœur, je sentais que la jeunesse haïtienne avait besoin d’entendre sa sagesse et s’en inspirer… un petit remord dans mon coeur persiste à me dire qu’il n’avait pas fini sa mission alors, pitit guinen yo gen responsabilite kontinue nan chimen li te trase…

C’est lors de ce voyage que j’ai pu découvrir encore davantage la grandeur de l’artiste, du tambourineur, de l’homme. Son jeu de tambour en est un des très rares qui m’a touché à ce point, il était un docteur, un guérisseur avec la musique qu’il créait sur son tambour. Un exemple que nous nous devrons d’admirer encore plus, de contempler, d’étudier…

Azor m’inspire l’innocence, la lumière d’où nous venons originellement… plus fort, je défendrai nos racines, les esprits guinen, nos anges qui nous protègent sous la grande tutelle du Tout-puissant, Ayibobo!

(Sara RÉNÉLIK)

Se yon bagay ki tris pou kilti haitienne lan pou nou pedi yon legend kom Azor. Mwen swete k dirijan responsab yo ka cheche yon moyen pou yo onorel menm jan lot gro peyi onore atis legend lakay yo. Kom Carel di hier, lew gad deye ou pa wè kiyes ki pral ranplase Azor…sa montrew ke Azor se te yon talan imcomparab e yon moun kap toujou ret grave nan listwa mizik haitienne.

(Blake SÉIDE, RKM Recordz)

Vèvè Collections assiste avec douleurs le départ  du célèbre chanteur, musicien, Lenord Fortuné, véritable ambassadeur de la culture haïtienne, emporté dans l’au-delà, après une maladie longuement et courageusement supportée.

Elle profite de cette pénible circonstance, pour  présenter  ses sympathies à la famille Fortuné, la formation Racine Mapou de Azor, les musiciens haïtiens en général et les vodouisants  en particulier, dont il fut un digne représentant.

 Azor a fait le grand pas, mais ses œuvres le garderont vivant dans nos pensées, car sa musique a traversé les frontières de notre âme, transcendé nos croyances, ouvert nos yeux sur notre véritable identité, notre « HAÏTIANITE ».

(Phelicia DELL, Vèvè Collections)

ll était 3h du matin, étais devant mon ordinateur lorsque mon ami Ernst a posté sur Twitter qu’il semblerait qu’Azor est mort. Tout de suite, j’ai appelé Berthony Raphael qui a confirmé la nouvelle. C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai reçu cette nouvelle. C’est une perte enorme pour notre pays. Azor est une icône de notre musique, de notre culture. Un modèle pour les musiciens de toutes les générations, de toutes les tendances. Il avait un talent unique et ses oeuvres sont immortels. Je présente mes sympathies a sa famille, à ses fans et ses amis.

(Carel PEDRE)

J’étais en transit à Miami à destination de Port au prince quand quelqu’un m’a envoyé un message BBM disant qu’Azor était mort, je ne voulais pas y croire, j’ai contacté d’autres personnes pour confirmer la nouvelle et finalement j’ai vu Boulot à l’aéroport qui m’a confirmé qu’effectivement Azor était parti. Franchement, j’étais vraiment abattu. Pour moi, c’est un autre coup dur pour la musique haïtienne, J’ai eu la chance de participer à plusieurs festivals internationaux avec Azor, notamment en France à Angoulême au Festival Musiques métisses, il y a trois  ans de cela, et là j’ai vu la réaction des étrangers par rapport à cette musique pure et naturelle que jouaient Azor.

Paix a son Ame !

Bélony JEAN MURAT (Bélo)

J’ai appris la nouvelle par « Bouboul » de T-Vice, tandis que je m’amusais à Delmas 19. J’ai appelé Berthony Raphael qui a confirmé la mauvaise nouvelle, ça m’a mis hors de moi, car Azor était plus qu’un musicien à mes yeux, mais un ami. Face à la réalité, nous allons faire de notre mieux pour assurer un départ dans la dignité de ce grand artiste, disparu.

(Caleb DESRAMEAUX)

Le pays, la culture, le vaudou, le folklore, le peuple haïtien viennent d’encaisser un coup dur par la disparition de cet être, ce Héro, ce légendaire percussionniste qui a hissé le bicolore dans des pays qu’on n’imaginait pas; de part leur culture et leur culte.  Azor et Haïti ne font qu’un,    Toujours avec son tambour,  pour parler aux esprits lointains,  Azor n’est pas mort…

    Son tanbou a file, li kouri, li ale,  Li tounen ak ko, ak espri Azor,.

Azor,  AYIBOBO POU OU

(Georges Muller RÉGIS, Maestro CHAYNANM)

Lanmo Azor frape m, menm jan ke li frafe anpil Ayisyen. Mwen te gen chans pase yon moman Majik avek Azor, Japon. Azor touche lavi nou tout nan diferan fason, mizisyen nan tout stil mizik, anpil danse toutpatou konnen ki moniman Gason sa a ye. M espere ke gen pepinye ki ka toujou montre lot jenerasyon ki ap vini an teknik tanbou Azor ak disiplin li te genyen nan travay li tap fe a. M espere nou gen yon dey nasyonal pou gwo Sanba sa a ki kite nou…jan li te di l nan mizik li " Sodo m pwale, Sodo m gen pou m ale…"

(Daniel BEAUBRUN, Dadi)

 

 

 

 

Un être d’amour ne meurt pas. Il change d’univers, c’est le cas pour Azor. Tout ce qu’il a investi d’énergies positives dans sa vie artistique porte déjà des fruits. Son contrat dans cet univers s’achève et nous saluons avec respect sa dépouille

(Marie Alice THEARD, Festival Arts)

Je le savais malade; je savais aussi que son cas avait empiré, donc je m’attendais à ce qu’il nous tire sa révérence l’un de ces jours sans faire de bruit mais toujours pas très loin de ses tambours qui vibraient au rythme de son âme sous l’incroyable justesse de ses mains… dans une symbiose parfaite: Azor était unique!

 

De tous les moments et expériences artistiques que nous avons vécus ensemble, je garde de lui le souvenir d’un homme infatigable, simple, généreux, respectueux et aimant la Vie. Je me courbe devant son immense talent. Il a suffisamment fait école pour que le grand vide qu’il laisse soit comblé et qu’il continue de vivre à travers d’autres.

Yole DEROSE

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Commentaires
  1. culture509 dit :

    Cet espace est ouvert à tous ceux qui veulent réagir sur la mort de l’artiste Azor.

  2. AZOR BABAY

    Azor, babay
    Mwen pa sevi lwa
    Men m-renmen kout tanbou sa-a.

    Pye mapou, orevwa
    M-pa fin’ sezi mesaj-la
    Epoutan, m-renmen kout ayibobo sa-a.

    Sanba, ou pati
    Mwen pap we-w’ fasil
    Men, pou-m’ tande-w, se pap difisil.

    Leonord, frewo, w-ale lwen
    M-pa konn sa-w te genyen
    Antouka, nan dans-la, vedite jwenn.

    Fotune. domi anpe
    Gen moun ki pa janm jete dlo, jame
    Sof dlo, jodi-a, k-ap sot nan je, tonbe ate.

    Azor, nan non-nou, Sodo di-w "orevwa".

    Schiller Marcelin
    Poet-lodyanse.
    17 Jen 2011, Miami.

  3. Adolphe Pierre-Louis dit :

    Lan mor Azor , se youn gro perte pou Kilti peyi Dayiti . An 1993 mouin rantre nan youn magazin nan Little Haiti nan Miami pou mal achte mizik Racine Mapou. Mouin mamde dame nan poun tande 2 ou twa moso . Sou twaziem nan li dim " Mesie, Si wap achete cd yo , achete yo paske, Mouin paka tande mizik sa yo trop non , Yo fem senti’m youn jan."

    Adolphe Pierre-Louis
    Albuquerque, New Mexico

  4. Dominique dit :

    Salut camarade, Je n’ai pas ete surpris par la mort-car je m’habitue de plus en plus avec elle dans nos frontieres. Mais c’est surtout le vide qu’ll va laisser qui me derange. Azor etait pour moi un mapou qui devrait faire plus d’eleves ou du moins ses eleves seront ils a la hauteur de leur maitre disparu ? Autant de question pour moi. Autant de defi pour le vodou et la musique racine. Notre devoir est de sensibiliser de plus en plus les acteurs culturels (prive et public) autant que le public haitien qui doit etre conscientiser par l’ecole, les medias et nos politiciens pour les plus cultives.

    Dominique Domercant
    Lundi 18 juillet 2011
    Port-au-Prince

  5. Kanga dit :

    Azor! Gason Azor! Ou te yon Ati nan fason pa w. Se vre misyon ou te genyen an bout sou late, men wout ou ap kontinye, w ap tounen pou lot misyon, lot eksperyans, nan lot ko anko, jiskaske ou vin gweto! Janbe byen, fre sevite m!

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