Le Glossaire du Vodou haïtien

Publié: 5 septembre 2011 dans Haïti Culture

A

Açon: c’est le symbole de la prêtise. Il est composé d’une calebasse fermée, recouverte d’une résille de perles de couleur et de vertèbes de serpent, et accompagné d’une clochette. Le Hochet sacré n’est pas pécifiquement haïtien. On en a retrouvé dans les tombes Grèce archaïque, aussi bien qu’en Afrique et en Amérique indienne.
Agaou: esprit qui préside l’orage.

Agaoué: esprit des océans.

Aïda: « Aïda Oueddo », esprit femelle de « Damballah ».

Aïzan: esprit qui préside à l’initiation symbolisé par la dernière feuille du palmiste. Il représente l’union du mystère avec le monde végétal.

Anssor: tambour géant (il peut atteindre deux mètres de hauteur) qui symbolise la voix des ancêtres.

 

B
Bagui: sanctuaire des esprits ou loa. On dit aussi « caye mystères » (maison des mystères).

Banda: danse des Guédé à caractère nettement érotique.

Baptême vaudou: Deux cérémonies marquent la naissance de l’enfant d’une initiée. Pour sa première sortie, on le présentera au soleil et à la nature tout entière. Ainsi sera t-il mis en harmonie avec les forces qui régissent notre cosmos. La seconde cérémonie, qui aura lieu quelques mois plus tard, manifestera son intégration à la communauté. Le baptême vaudou est, essentiellement, la présentation du nouveau-né au temple dont il sera désormais le protégé. Non seulement le parrain et la marraine se substitueront aux parents en cas de défaillance de ceux-ci, mais le groupe tout entier s’engagera à contribuer à sa subsistance et à son éducation. Ainsi, quoi qu’il faille le libérer de cette culpabilité par une cérémonie particulière est dénuée de ses pour un vaudouisant. Le baptême ne comporte donc aucune forme d' »exorcisme ». Il est une fête et, comme toute fête, il se caractérise par un paradoxysme de la société qui met en commun ses richesses et les dilapide dans l’enthousiasme. Alors que l’Haïtien se contentera habituellement d’une poignée de riz ou de farine de maïs pour subsister, les aliments les plus coûteux seront partagés le jour du baptême. Celui-ci se terminera par la purification du nouveau-né, qui sera lavé dans l’eau du temple et revêtu de vêtements blancs, fraîchement lavés, évoquant la tenue de hounssi kanzo qu’il portera lors de son initiation, généralement à l’âge de la puberté.

Baron Samedi: c’est le chef des Guédé. Sa demeure est au centre des cimetières.

Bloroum’: Lorsque meurt un initié il convient, après avoir procédé aux funérailles, de s’occuper des survivants. Ceux-ci ont été bouleversée par la disparition du « frère » ou de la « soeur » qu’ils aimaient et qui « hante » encore le temple. Alors a lieu le bloroum’. Les vaudouisants pensent que l’homme a deux âmes: le « petit bon ange » qui voyage pendant notre sommeil, et le « gros bon ange » qui nous quitte lorsque nous mourons. Un homme ordinaire ne possède guère qu’un embryon d’âme qui se dissout vite dans l’univers. Le hounssi kanzo, par contre, a acquis, par son initiation, une telle force que son âme ne se libère pas aisément de ses liens terrestres. Le bloroum’ va, d’une part, permettra à l’âme du disparu de rejoindre l’eau, origine de toute vie, et, d’autre part, rappeler aux survivants que rien ne sert de se révolter contre la mort, qu’elle n’est pas autre chose qu’une transformation de la matière, qu’il faut maintenant songer à l’avenir et ne pas laisser le mort empoisonner notre existence et celle de la communauté toute entière. Pour la cérémonie du blorum’, les hounssi portent des vêtements blancs avec, cousu à la place du coeur, un rectangle de tissu noir. Le service débute par un « boulé zin », c’est-à-dire par l’épreuve du feu à laquelle fut soumis le disparu au moment de son initiation. On apporte ensuite une bassine d’eau dans laquelle est plongée une calebasse. Celle-ci représente l’âme du mort. A l’aide de grandes cuillères de bois, les membres du temple vont frapper cette calebasse jusqu’à ce qu’elle soint brisée en menus morceaux. Alors, le hounfor tout entier « expulsera » le mort en jetant l’eau contenue dans la bassine et les débris de la calebasse au carrefour voisin. Le dernier vêtement du mort est alors étalé au centre du péristyle. On y met le feu. Une grande flamme s’élève dans laquelle les hounssi vont jeter les rectangles de tissu noir qu’elles portaient sur la poitrine. C’est la fin du deuil. Il arrive parfois qu’à cet instant le mort « monte » un spectateur. Le possédé, allongé sur le sol et ayant toutes les apparences d’un cadavre, recevra les confidences et les adieux de chaque initié lui parlant à l’oreille. Ce sera un moment de grande émotion au cours duquel la communauté atteindra son plus haut point de cohésion. Puis, retrouvant la joie de vivre, hounssi danseront et chanteront jusqu’au lever du jour avec un enthousiasme extraordinaire.

Bossale: sauvage. Un loa bossale est un esprit difficile à identifier parce que chevauchant une personne non encore initiée.

Boulé zin: épreuve publique du feu à laquelle sont soumis les néophytes en cours d’initiation.

C
Calfou: loa, maître des carrefours.

Caye mystères: maison des mystères. C’est le sanctuaire des loa, contenant l’autel vaudou et la pierre du temple. Un hounfor peut avoir plusieurs « caye mystères », chacune d’entre elles étant consacrée à une catégorie d’esprits (ou même à un seul esprit).

Cérémonie des guédé: De tous les esprits du vaudou, les guédés sont, peut-être, les plus étranges. La liste en est si longue qu’elle occuperait une page entière. Dans le rite rada, « Guédé Nibo » et « Brave Guédé » sont, comme tous leurs frères ou cousins, des loa de la mort, mais ils osnt aussi esprits de la vie puisque de la putréfaction renaît la vie immortelle. Ils sont donc à la lois funèbres par leurs vêtements (on leur ceint la teille et le front de foulards noirs, violets ou mauves) et d’un érotisme extrême dans leur comportement. Chevauchée par un guédé, une initiée mimera l’acte sexuel en exécutant une danse spéciale: « le Banda », et chantera des hymnes d’une obscénité inimaginable à la gloire du phallus. Il s’agit de souligner le caractère sacré de la fertilité. Le symbole des guédé est une croix noire qui marque cette croisée des chemins à laquelle chacun de nous devra, à son heure, parvenir. Elle est sortie de la « maison des mystères » à l’occasion de cérémonies particulières qui n’ont lieu qu’au mois de novembre. A cette occasion, la mambo et les hounssi se masquent de voiles funèbres tandis que les joueurs de tambours nouent un foulard blanc autour de leur cou, se couvrent le visage de poussière de maïs symbolisant à la fois la glaise des cimetières et la promesse de nouvelles récoltes. Lorsque paraît « Barron Samedi » qui est le chef de tous les guédé, les fidèles le coiffent d’un chapeau haut de forme et lui passent, parfois, une jaquette ou un habit noir. Il s’agit, de rappeler aux puissants qu’ils retourneront, eux aussi, à la poussière.

Choual: cheval. Toute personne possédée, « chevauchée » par un loa.

Croisignin: tracer une croix avec, par exemple, de la farine de maïs.

D
Dahomey zépaul: danse du rite « rada »

Damballah: esprit « rada » symbolisé par la couleuvre.

Danses sacrées: La danse qui, depuis les origines, permettait à l’homme d’échapper aux limites étroites de sa conscience et d’entrer en communion avec la nature et les rythmes universels. Malgré les persécutions dont ils furent victimes, les vodouisants ont su conserver des traditions religieuses où la danse tient un rôle essentiel. Il ne s’agit pas d’improvisation plus ou moins heureuses, mais de véritables danses classiques, c’est-à-dire représentatives d’une culture arrivée au point le plus élevé de son développement artistique. Leurs prières dansées (et chantées) mettent le corps en condition pour recevoir la charge très lourde des loa. Elles sont donc à la fois un « don expressif de tout l’être » et des attitudes corporelles intéressant les muscles et les centres nerveux qui seront suractivés par la crise. Chaque rite a ses danses particulières. Les plus fascinantes sont, peut-être, le « yon-valou » qui évoque les ondulations du serpent, le « Dahomey zépaul' » demande une endurance et un souffle exceptionnels et le « banda » exécuté en l’honneur des Guédés. Ainsi, les hounssi manifestent leur croyance dans la vie toujours triomphante.

Dansé lan têt’ : on dira qu’un esprit « danse dans la tête » d’une personne possédée.

Dior: la première prière « dior » est une longue invocation aux esprits de l’Afrique lointaine. Elle est prononcée en « langage » c’est-à dire dans une langue où domine le « fongbé » religieux associé à un créole volontairement déformé.
E
Erzulie Fredda Dahomey: esprit de l’amour dans le rite « Rada »

Erzulie Dantor: esprit de l’amour dans le rite »Petro »

Erzulie Zila: esprit de l’amour dans le rite Zandor. Ces trois Erzulie représentent sans doute les trois faces d’un même esprit.

G
Gade: c’est le protecteur particulier d’un temple ou d’un individu, auquel cas celui-ci portera une scarification sur le bras.

Grand Bois: esprit des forêts

Grande Brigitte: esprit de la mort, épouse de Baron Samedi

Guédé: esprit de la mort, mais aussi de la sexualité

Guévo: cellule initiatique

Guinin: Guinée, lorsque les vodouisants parlent de « lan guinin » ils comprennent l’Afrique en général

H
Hogou: esprit de la guerre. La famille des hogous est très nombreuse. On y trouve « Hogou saint Jean » « Hougou Badagri », « Hogou démanie »

Hongenikon: chef de chœur d’un temple.

Houngno: de « hun », esprit, et « gno » nouveau né. Le houngo est le néophyte en cours d’initiation.

Hounfor: de « hun », esprit, et « for » maison. Le hounfor est le temple du vaudou. Il est divisé en deux parties: le péristyle, vaste hangar dont le sol est de simple terre battue, où se déroulent les cérémonies et qui est ouvert au public, et la caye mystères ou bagui qui contient l’autel et les attributs des loas.

Houssi: « Chevaux des esprits », « épouses des dieux », les hounssi sont les servantes de temple. Dans le vaudou haïtien, il y à huit ou dix femmes pour un seul homme. Au point qu’on à pu dire qu’il s’agissait d’une réligiion essentiellement féminine, ce qui n’a pas contribué à renforcer sa popularité dans des milieux toujours obsédés par la notion de la « tentatrice » et par l’horreur maladive du corps féminin. Le choeur des hounssi comprend donc une grande majorité de femmes ou de jeunes filles, et son encadrement est entièrement féminin, à l’exception des joueurs de tambour, dont la résistance physique doit être exceptionnelle, et du « laplace », chargé de la discipline du temple, qui est toujours un garçon. Femmes donc la « confiance caye » qui assiste le prête ou la prêtresse, le « hongenikon » qui dirige les chants et les danses, la « servante de l’eau » qui veille à ce que l’eau (et aussi le feu) soient toujours présents dans le hounfor, les « Porte-drapeaux » qui tiennent les étendards sacrés de la « Pitit’ Caye » qui a le pouvoir de tout voir et de tout toucher.

I
Ibo:
famille d’esprits originaires de l’ethnie Ibo (Nigéria actuel)

Ifé: La terre promise des vaudouisant

Initiation: Religion à mystères, il n’est pas surprenant que le vaudou ait été l’objet de tant de défigurations successives. Sans parler de ceux qui en donnèrent une image volontairement mensongère, il faut convenir que beaucoup d’étrangers, déformèrent les faits dont ils avaient été les témoins. Les motifs le plus souvent invoqués pour solliciter l’initiation sont le besoin d’une nouvelle mère (ou d’un nouveau père suivant le cas), le désir de retrouver un équilibre physique ou psychique compromis par la maladie, ou encore ce qu’il est convenu d’appeler une vocation. Nul ne peut s’engager dansl a voie initiatique sans le secours d’un maître. Le néophyte devra donc se mettre en quête d’un hougan ou d’une mambo qui accepte de le prendre en charge. Celui-ci lui imposera d’abord sur une longue période probatoire afin de s’assurer de sa sincérité et de sa résolution. L’initiation vaudou pourra alors se dérouler suivant le schéma classique de toute initiation: mort et renaissance. Après avoir épouvé les sueurs de l’agonie, le néophyte devra régresser jusqu’à l’état foetal et ressentir les douleurs d’une nouvelle naissance. Ayant ainsi franchi la barrière qui sépare le profane du sacré, il sera, au sens propre, un autre lorsqu’il sortira de la cellule initiatique comme l’enfant sort du ventre de sa mère. ce « autre » ne sera pas seulement un nouveau-né ou un ressucité, il aura eu des révélations d’ordre métaphysique grâce à des « visions » qui seront interprétées par le houngan ou la mambo. Les initiés vaudou prennent très aux sérieux cette « union », au point de vouloir la concrétiser parfois par un véritable « mariage » avec le loa de leur choix. En ce sens, les hounssi peuvent se dire légitimement « épouses » (ou « époux ») des esprits.

L
Langage: langue secrète des temples tirée essentiellement du « fongbé » (dialecte du peuple Fon)

Lambi: gros coquillage dans lequel on souffle en l’honneur d’Agoué, esprit de la mer

Laplace: chargé de la discipline du temple. Tient l’épée et dirige les porte-drapeaux.

Legba: esprit dahoméen (rites rada) qu’on invoque toujours en premier. Il est, en effet, considéré comme « celui qui ouvre les portes de l’invisible »

Loa: esprits du vaudou. On dit aussi « mystères ».

Loco: esprit « rada » symbolisent l’équilibre.

M
Mahi: danse traditionnelle du rituel rada.

Mait’têt: maître de la tête d’un initié, son protecteur

Mambo: prêtresse vaudou. A les mêmes pouvoirs et la même formation que le hougan.

Mangé loa: sacrifice aux esprits

Marassa: esprits jumeaux qui symbolisent l’enfance du monde

Monter: on dit d’un fidèle possédé qu’il est « monté » (ou chevauché ») par l’esprit.

 

N
Nago:
catégorie d’esprits dont l’élément est le fer (alors que l’eau est l’élément des loa rada et le feu celui des loa Pétro)

Nanchon: nation vaudou, c’est-à-dire groupe ou famille d’esprits ayant un même origine ethnique (on dit la « nation » rada, la « nation » petro, la « nation » ibo etc…)

Nom Vaillant: après leur initiation au grade de prêtes, les hougan et mambo reçoivent une nouvelle appellation, le « Nom Vaillant ».
O
Ouanga: talisman, préparation magique

Ouetté mor lan dlo: cérémonie au cours de laquelle on procède au « retrait des morts de l’eau » où leur âme est censée d’être réfugiée. A cette occasion, les morts s’adressent une dernière fois aux membres de leur famille avant de se fondre dans l’univers.

 

P
Paket’
: par exemple « paket’ congo ». Paquets de soie brillante, de forme vaguementhumaine (il y a des paket’ masculins et des paket’ féminin) qui constituent, en quelque sorte, le « double » de l’initié. Ils servent à maintenir l’équilibre psychique des houngans en mambo. Egalement utilisés pour le traitement de certaines maladies.

Pé: du dahoméen « kpé », de la pierre. C’est l’autel vaudou. On y trouve toujours une pierre choisie pour son ancienneté ou sa forme particulière ( il s’agit souvent de météorites ou d’anciennes haches de guerre indiennes).

Péristyle: partie publique du temple, de forme généralement quadrangulaire. On voit, presque toujours, au centre du péristyle le « poteau-mitan »

Pétro: catégorie d’esprits dont l’origine est, vraisemblablement, l’Afrique centrale. Leur élément est le feu.

Poteau-mitan: poteau planté au centre du péristyle d’un temple. Il est supposé « aller de la terre au ciel » et établit ainsi la communication entre toutes la catégories d’esprits.

Pot’têt: chaque initié a son « pot de tête » placé dans le « caye mystères » du temple. Il est supposé contenir sa force psychique, son « âme ».

R
Rada: famille d’esprits dont l’origine est dahoméenne (royaume d’Arada). Ils sont l’objet d’un rituel particulier;

Rite: Il y a trois rites principaux dans le vaudou: le « rada », le « petro » et le « congo » (associé généralement au rite « Ibo »). Il existe un autre grand rituel: le « zandor », mais celui-ci est considéré comme secret. Les initiés qui servent les esprits « zandor » affirment qu’ils peuvent voler dans les airs et même se métamorphoser en animaux.

 

S
Saint-Jean:
esprit de la famille des « hogous », on lui sacrifie un bélier au solstice d’été.

Shango: esprit du tonnerre et des éclairs.

Simbi: esprit qui demeure dans l’emboûchure des fleuves, là où se mêlent les « eaux douces » et les « eaux amères ».
Sirène (la): esprit des eaux. L’équivalent de nos néréides et ondines

T
Tcha-Tcha: sorte de « macara » avec laquelle on dirige les services du rite « petro » à la place du « açon ». Par extension, on appelle « houngan tcha-tcha » le demi-prête qui ne peut se servir du « açon », n’ayant pas subi les initiations nécessaires.

V
Ventailler: éventer avec une volaille tenue par les pattes. Ce geste apporte la protection des « loa ».

Vévé: Tracés à même le sol, généralement avec de la farine maïs les vévé représentent les symboles des esprits qui vont être plus particulièrement invoqués.

Y
Yonvalou: danse traditionnelle du rite « rada »

Z
Zacca: généralement nommé « Cousin Zacca ». C’est un esprit paysan

Zandor: rituel secret du vaudou

Zobop: société secrète appartement aux « sectes rouges »

Zombi: mort vivant ou corps sans âme. Un « zombi » travaillera pour son maître comme une machine. Pourraitêtre comparé au « Golem » de la tradition juive?

 

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