La Geopoétique d’André Fouad

Publié: 13 septembre 2011 dans Haïti Culture

 Si la poésie est comme un lieu qui habite le poète, le poète à son tour peut charrier un lieu en tout lieu pour exprimer sa poésie. Et cette situation est visible dans les productions extérieures du pays.

 On ne devient pas poète pour imprimer le hasard, ni pour rendre un hommage à l’histoire ancienne. Mais parce qu’il y a lieu de respiration, d’inspiration, du souci de dire et du souffle. La poésie tout comme la peinture, n’a pas la  fonction de rendre les mots vivants, ni de rendre la couleur vivante pour parler de la peinture.

Au contraire elle vit par le devenir des images, elle vit par l’émotion qui en dégage, et elle vivra ainsi, tout simplement parce qu’elle est l’expression d’une préoccupation esthétique. En ce sens, nous pouvons dire que la poésie n’est pas un vecteur, ni un véhicule à charrier les problèmes du langage articulés humains, parce qu’elle est un outil de transformation, de métamorphose, de juxtaposition et de traitement authentique. Elle est aussi l’un des plus hauts lieux de la langue avec des constructions pour le dire autrement, ce qui fait appel rhétorique (dire beau), à la stylistique etc.

 On ne peut parler de poésie sans poème, mais ceci n’empêche pas que le poème n’est pas l’unique espace poétique (il y aussi des poèmes qui n’ont pas de poésie). D’ailleurs, il y a beaucoup prose poétique dans la littérature mondiale d’aujourd’hui, ou du moins si on se réfère à la logique de création. Nous pouvons dire que tout créateur est devenu un poète, c’est un long débat et notre intervention n’est à cette réflexion.   D’où le souffle chez un poète est comme un  moteur qui permet de prendre la distance. Chez certains poètes, la poésie à une dimension plurielle où l’on ne peut oublier l’autre, c’est le cas d’un poète comme André Fouad qui traine souvent avec lui la folie de ses semblables. Si nous prenons ce fragment par exemple.  

  « Se nan vè kleren plas Bwaye   nwaj pa m kimen  se nan vè kleren plas Bwaye      nwaj pa m chanje piwèt »

 Ici, place Boyer représente un lieu de rencontre, une sorte de retrouvaille épicurienne. Et si on considère l’aisance de ces mots nous pouvons comprendre, qu’il y a aussi un souci de création de soi en prenant du plaisir. Et il y a du même coup un autre aspect très pertinent, c’est la question du réconfort. En effet, cet extrait nous montre une autre manière de redéfinir la géographie par rapport aux besoins de l’homme.

 Plus loin le poète prend le large avec :

« rèv marye koulè chak vil andetrès chak flè   chak janmdebwa nan kanaval… »

 Encore du plaisir, mais cette fois le rêve y participe. Tout ceci nous ramène à comprendre que la poésie est un art de représentation dans lequel tout poète met son âme à nu, que ce soit avec l’engagement politique idéologique, que ce soit avec l’érotisme etc. donc ce livre a un coté parnassien, avec des vers pour orner la pensée de l’auteur, avec des couleurs vivantes. Comme si Souf Douvanjou pourrait être considère comme une parole.

 Ainsi, nous pouvons dire qu’à force de vouloir dire Fouad a laissé des vers bien ciselés par son art. Et le lecteur ne sera pas étrange même s’il vit à l’étranger.

 Anderson Dovilas

Linguiste-écrivain.

Etudiant en Psychologie

dovilasanderson@yahoo.fr        

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