Nathalie Guillaume…

Publié: 13 septembre 2011 dans Haïti Culture

 

Si certains détracteurs cherchent à détruire nos compatriotes un peu partout à travers le monde, d’autres personnes avisées, guidées par l’esprit divin, les permettent d’évoluer en toute quiétude, sans tenir compte de leur nationalité, mais par respect pour leurs talents, leurs aptitudes et leur savoir, qui, assez souvent se veut encyclopédique. Cette semaine nous tenons à vous présenter Nathalie Guillaume, une jeune haïtienne a brillé grâce à la magie de son verbe et son érudition universelle. Interview réalisée à l’occasion où cette jeune ambassadrice lançait son émission télévisée, The Back Yard Show.

Tu es peu connue ici en Haïti, peux-tu te présenter pour ceux qui vont te lire?

Bonjour Haïti, un plaisir de m’adresser à vous. Je suis Nathalie Guillaume, née le 9 mars 1984 à l’hôpital du canapé vert de l’union d’un père, port au princien, Philippe et d’une mère, capoise, Marie Josée.

J ai passé mon enfance très proche de ma famille, et bien sur très attachée à  l’art, la musique en particulier. Avec l influence de Guy Durosier et de Raoul Guillaume du coté paternel, j’ai débuté avec le piano des l’âge de 3 ans, surtout  avec l’aide de mon arrière grand mère, Francine Durosier. Un peu plus tard, j’ai continué avec maitre Solon Verret puis Serge Villedrouin. J ai aussi pris des cours de dessin avec Tiga, de regrettée mémoire et des classes de folklores avec Lynn William Rouzier d’où ma passion avancée pour les couleurs et les rythmes “lakay”. Je dois mon attachement à l’art à mes parents, qui  étaient très ouverts au monde de la culture. Mes  études primaires et secondaires à l’institution du Sacré Cœur de Turgeau m’ont conduite à adopter une certaine discipline  à travers la musique, la danse et l’art qui ont accentué mes désirs de découvrir qui j’étais davantage.

Te sens-tu liée à Haïti?

Je suis 100% haïtienne. Je retourne  au moins deux fois par an dans ma patrie pour passer du temps en province avec des amis étrangers, visiter ma famille qui me manque énormément, acheter des pièces d artisanat rares, enfin, pour revivre, respirer! 

As-tu des qualifications particulières?

J’ai laissé Haïti au cours de ma philo. En 2002, je suis rentrée à l’Université de Miami. J’y ai étudié la biochimie, la littérature étrangère et le piano tout en découvrant les tendances de la diaspora qui étaient encore nouvelles pour moi.  Grace à  mes activités dans la communauté haïtienne de Miami à travers notre organisation d’élèves haïtiens à l’université, j’ai trouvé pas mal de rapprochement au genre de vie qui me manquait tant en Haïti, d’où mon intérêt d’en être un porte parole.

Comment as – tu débuté à la télé ? 

Wow! En toute sincérité, par un heureux hasard. Durant mes derniers moments en Haïti, j’animais une émission de variétés musicales sur la radio MBC.  C’était mon premier contact interactif avec un public, très différent d une audience qui écoute ta musique, ou regarde tes pièces…

La télé… J’ai été  assistée à un concert international de jazz en mars dernier au Miami Gardens où il y avait des gens de différentes nationalités. La production qui était en charge de monter le DVD du concert voulait montrer la diversité du public en faisant des interviews dans toutes les langues parlées de Miami. Il était impossible de trouver un haïtien dans la foule et comme par hasard, j’étais dans la zone au téléphone en train de blaguer en créole avec une copine qui était en train de rater la superbe performance de Sergio Mendez. Tout de suite, l’animatrice de la production m’a demandée ma nationalité et m’a invitée à faire un commentaire en créole sur le concert. Quelques jours après, la compagnie de production m’a contactée par email pour me complimenter sur mon naturel devant la camera et après quelques réunions, j’ai décidé de produire avec eux une émission qui s adonnerait entièrement à l’art et la science de la culture haïtienne.

Est-ce facile pour une personne d’origine haïtienne d’intégrer un média nord-américain ? 

Je pense que c’est l’attitude qui compte dans le monde des medias nord américains. Ils se soucient surtout de l’énergie véhiculée sur les ondes, capable d’attirer le public le plus divers possible. Quelque soit l’origine de la personne, c’est à elle de démontrer la mission du programme  et l’importance des invités à travers des questions clefs, informatives, dynamiques, et surtout des images qui illustrent le portfolio de cet individu.

Qu’est-ce qui fait l’essence de ton émission?

Mon programme est très différent des autres qu’on diffuse a Miami dans la mesure que c’est complètement trilingue et sous-titrée en anglais. Son essence est de présenter la culture aux étrangers qui n’auditionnent que de mauvaises nouvelles sur Haïti. Avec les émissions anglo-caribéennes diffusées avant la mienne, je capte une audience vaste qui découvre les   intellectuels haïtiens qui s’expriment parfaitement bien en anglais et qui évoluent dans la diaspora tout en travaillant dur sur la documentation de notre folklore. Les américains adorent nos couleurs, nos rythmes  et notre imagination. Je ne fais qu’exposer la réalité de ce qu’ ils voient dans les livres ou qu’ils entendent a travers des mythes avec des faits venant d’individus bien placés pour en parler.

D’où t’es- venue l’idée de réaliser une telle émission ? 

Quand on voit le mot “back yard” on pense automatiquement au mot “lakou” qui signifie famille, tradition, village, etc.… Evoluant a Miami, on a la chance d’avoir “little Haïti” dans notre cour, remplie de vie et de langage “lakay”. J’y ai capté ce beau vocable trop souvent bafoué et l expose a tous ceux qui se demandent s il y a des ressources mises en place pour garder notre nourriture, nos vêtements, nos peintures, notre littérature, nos coiffures, notre éducation, notre religion, enfin notre haitiennete, intacts.

Quand as-tu débuté avec le Back yard Show ? 

Le 2 juin 2007 a 10 30 sur Comcast

Comment le public l’accueille t-il ? 

Ça vient de commencer et déjà ça a attiré l’attention du journal le plus lu de Miami! Je pense que cette approche info-touristique est très nécessaire pour le sud de la Floride afin de justifier l’identité des 600, 000 haïtiens qui y évoluent. C’est la première fois que l’on montre notre culture en anglais dans un programme télévisé diffusé durant la journée. Je travaille dur pour garder le public excité et intrigué sur les multiples activités qui se passent dans la diaspora…

Ton opinion sur les émissions télévisées en Haïti. 

Je pense que les haïtiens sont très évolués au niveau de leur professionnalisme à la télé. Avoir vécu en Haïti, je pense que les présentateurs sont professionnels, les programmes sont variés, les informations sont traitées à chaud, les gens sont laborieux, les artistes produisent…. Je veux capter justement ça dans mon émission! La VRAIE vie haïtienne…

Un mot à l’endroit de tous ceux qui vont se plaire à te lire.

 

Supportez la culture haïtienne par n’importe quel moyen possible! C’est crucial pour l’émancipation de notre identité face au monde. Il faut qu’on comprenne que nous sommes héritiers d’un patrimoine  riche à tous les niveaux que d’autres pays du monde veulent appeler la leur. En traduisant notre langage d une façon universelle, nous pouvons finalement être fiers de nos coutumes et surtout, la passer aux générations à venir.

 

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