S.O.S. Aéroport Toussaint Louverture !

Publié: 13 décembre 2011 dans Haïti Culture

Dans toutes les maisons, la porte d’entrée joue un rôle bien particulier, c’est en quelques sortes un avant-gout de ce qu’il y a à l’intérieur. Haïti, mon pays que j’aime énormément, que j’invite les citoyens du monde à découvrir, que mon président chante la beauté, le charme,  détient le record parmi les pays au monde ou la porte d’entrée, son aéroport est un véritable cauchemar.

On aura beau espérer voir débarquer des touristes en Haïti, mais ceux qui viendront n’y remettront plus les pieds, car l’accueil est tellement horrible, qu’ils ne s’infligeront plus jamais tel supplice. Nous savons tous que les dirigeants d’Haïti ne sont pas au courant de ce qui se passe dans ce qui devait être l’aéroport de Port-au-Prince, car ils ont accès au salon diplomatique, qui les épargne ce que vivent les passagers des vols réguliers, tous les jours.

Le tableau est sombre, certes,  mais appelons le chien par son nom, afin qu’il soit mis en liesse. Tu débarques en Haïti, tu passes le guichet de l’agent de l’immigration, qui ne fait qu’apposer un sceau dans  ton passeport, peu importe si tu es un dangereux bandit, recherché a travers le monde, c’est dans un moulin que tu pénètres… tu découvres enfin ce que signifie chaos, dans un champ de bataille pour « sauver » tes bagages.

En sortant de ce capharnaüm, tu espères respirer l’air tant espère de cette Haïti qui t’a vu naitre ou dont on t’a si longtemps parlé, tu fais face a un comité d’accueil plus que répugnant. Des dizaines d’individus en uniformes, des « red cap »,  des chauffeur-guides, de véritables mendiants, violents t’agressent pour s’accaparer de tes bagages, quand tu refuses de les leur laisser, tu es insulté. Toujours sur ce parcours du combattant, tu dois affronter les mendiants, qui se trouvent à l’extérieur de l’aéroport, de veritables antennes, éclaireurs pour les kidnappeurs, qui t’empêchent de respirer.

Cessons d’accuser a tord la colonisation, les Duvalier, le seisme du 12 janvier 2010. A Port-au-Prince, nous nous complaisons à vivre dans la boue, la poussière, les tas d’immondices, sous les tentes sales, car nous avons choisi notre statut de « kokorat », mais ne gâchons pas le séjour de gens intéressées à gouter au charme du reste d’Haïti. Même si nous choisissons cette ignoble situation pour tenter de prouver aux « faux amis » d’Haïti, que rien ne va et que leur aide nous est indispensable pour survivre, pour l’amour du ciel, faisons de la porte d’entrée du pays un espace attrayant, ou le touriste qui y transite ne regrette pas d’avoir touché ce sol.

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