Gregory Vorbe expose à Festival Arts

Publié: 15 décembre 2011 dans Haïti Culture

Du 16 au 27 décembre 2011, le plasticien Gregory Vorbe expose ses œuvres à Festival Arts, à la rue Magny, Pétion-Ville. Le cocktail d’ouverture est prévu pour 16 heures et des œuvres seront mises en vente à l’occasion. Pour ceux qui ne connaissent ce magicien des couleurs, un portrait de l’éminent écrivain Dominique Batraville, tiré des colonnes du quotidien « Le Nouvelliste ».

 

C’est au son de la musique du divin musicien italien Vivaldi des « Quatre Saisons » que je me suis mis à réécrire sur le plasticien Grégory Vorbe, rompu à l’intercommunication des arts. Mon ordinateur a voulu garder pour lui-même la toute première version de mon texte craché sur cet artiste travailleur.

Vorbe représente un artiste contemporain haïtien considéré avec raison comme un expérimental têtu, décidé depuis longtemps à travailler sa quête gémellaire, partie de la musique pour aboutir à la peinture, sa zone de correspondances créatrices sans commune mesure. Sans tambour ni trompette.

Le monde de Grégory Vorbe s’organise à travers des signes interrogateurs et révélateurs d’un art livré dans la gestation des sens. Cette musique des degrés se réalise au moyen des formes et des couleurs et laisse pointiller des vibrations. Cette peinture conjugue avec suggestions et effets de sens des résonnances d’un territoire de jeu inventif jamais mis à l’étroit. Retrait par rapport à l’abstraction pure ou encore appel du figuratif tendant avec minutie vers l’abstrait ?

Plusieurs artistes se sont inspirés de la musique pour construire leur propre art .Des écrivains, des dramaturges donnent beaucoup de place à la musique dans leurs créations. Le poète Davertige de Haïti littéraire s’était permis d’aller aussi loin dans la poésie comme dans la peinture.

La peinture de Vorbe se réclame des anges, des dieux, des saints, des notes translucides, des demeures et paradis de cristaux. L’accent sublimatoire d’un tel art évolue en fait comme un engagement esthétique.

Art religieux et dimensions personnelles se raccordent aux sources vives de plusieurs mémoires permettant au peintre musicien de nous emmener dans les mondes de profondeurs et des partitions majeures.

Selon l’avis, les auteurs de l’ouvrage l’abécédaire d’Art contemporain, la musique et les autres formes d’art sont inextricablement liées :« Dès les années 1970, le son entre dans l’art contemporain. La Monte Young, Terry Riley, Ton Conrad, Meredith Monk puis, quelques années plus tard, Laurie Anderson ou John Zorn relisent alors des performances musicales. Pour ces musiciens, les connexions entre arts plastiques et musique sont évidentes.

A la même époque, des écrivains et des poètes comme John Giorno, Brion Gysin et surtout William Burroughs conduisent plusieurs expériences où le son devient soudain un matériau brut qu’il convient de montrer et de recomposer pour des oeuvres d’où est exclue toute narration. »

Vorbe a appris sûrement avant de se dédier à une peinture peuplée de paramètres intermédiaires souches aux Indes éternelles et à l’Afrique de la Kaaba! Couleurs, imaginaires et grammaires sacrées des origines se tutoient en lui et donnent à voir des oeuvres d’une certaine tonalité post-afro- méditerranéenne et conceptuelle.

L’écriture de Grégory Vorbe se vit comme un troisième souffle. Les versets de François Cheng, tirés du livre « A l’orient de tout », parlent des expériences fondamentales orfèvres d’avant-jour :

« Entre le murmure et le ressenti
rompant tout rivage
Calmement se propage
l’ombreux infini au rythme révélé
Infini autre Infini rien
Une source se libère traverse
l’aire de chairse perd au loin
Où terre-ciel s’unit au vol de l’alouette
Infini tien Infini autre»
Chemin faisant, Grégory Vorbe se révèle dans ses manières de faire accorder l’indicible et le donné à voir en tant qu’interprète des routes secrètes et des conventions hors-normes propres aux artistes interpellés dans leur état second.

Le général Baron-Lacroix ne nous demande-t-il pas de parler au maître-grand-bois, de tutoyer les morts avec du sel et de les réveiller dans des béatitudes sacramentelles ? Quelques- unes des toiles de Vorbe participent de la litanie et d’un tel mode incantatoire.

Dominique Batraville

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