LA FEMME FLAMME: plus de 20 ans de carriere

Publié: 16 décembre 2011 dans Haïti Culture

Avoir plus de vingt (20) ans de carrière dans une société machiste, complexée, rétrograde comme la notre ne se révèle pas une entreprise facile. Eh oui, la femme flamme, celle qu’on surnomme à travers la presse tant nationale qu’internationale « la diva de la chanson créole » Emeline Michel, a su tenir le coup, là où les autres ont échoué, malgré les coups de gueule de la vie, les coups manqués, les vicissitudes du quotidien, l’inexistence des mécènes, d’un vrai marché musical, le non-respect des droits d’auteur, la fragilité du show business haïtien.

Dans la lignée de ses prédecesseures Martha Jn Claude qui a passé une bonne partie de sa carrière au pays de FIDEL CASTRO, Esmerantes Despradines Morse et plus près de nous de Clotilde « TOTO » Bissainthe, Carole Demesmin, Emeline dès son entrée sur la scène musicale a toujours fait preuve d’un talent fou, immense, d’un sens du professionnalisme à nul autre pareil, chose assez rare à trouver maintenant chez nos musiciens, ceci toutes tendances confondues, plus intéressés à se faire voir au lieu de soigner la qualité des produits qu’ils ont à offrir aux consommateurs.

Depuis son premier album « DOUVANJOU KA LEVE » avec un titre fort significatif pour l’époque de l’après-Duvalier « la chanson de Jocelyne » jusqu’à son tout dernier « Reine de cœur », notre diva a grandi. Elle a pris du poil de la bête. Mature. Engagée. Responsable… Elle a gardé, à travers le couronnement de ses vingt (20) ans de carrière, un fil conducteur, une lignée qui constitue sa force, sa carte d’identité : HAITI, HAITI, HAITI … son éternelle source d’inspiration, sa matrice première.

Emeline née le 21 mars 1966 à la Cité de l’indépendance (Gonaïves) caressait un rêve ou des rêves. Rêve de devenir chanteuse professionnelle, représenter dignement son pays ici et là par la musique. Et elle a su le faire tant bien que mal incarnant la beauté, le courage, le talent de la femme-haïtienne qu’elle soit du milieu rural ou urbain, pilier de la société.

Qu’elles soient ses propres compositions ou interprétations des autres : Syto Cavé (foli damou), Loulou Dadaille (Ayiti peyi soley), Ralph Boncy (yon ti fi kou magali), Frank Etienne, Jean Claude Martineau (vyeyo), Beethova Obas(matelo), Haiti terre de soleil et de liberté sommeille et grandit en elle comme un arbre, un mapou à travers ses soupirs, ses silences, ses notes d’amour et d’espoir.

Sans exagération, elle a su chanter l’ile avec hargne, ardeur, patriotisme, « soul », charriant ses émotions les plus fortes, ses moments de joie « Banm la jwa » de l’album « Rasin Kreyol », de mélancolie « plezi mize » de « Douvanjou ka leve » ou de révolte face à la dégradation de sa terre natale transformée en un nid d’assassins, de bandits, détruisant vies et biens « pe letenel » de « Cordes et âmes ».

Au cours de ces deux décennies, elle a foulé les plus grandes scènes du monde. Entre autres : THEATRE DE LA VILLE, CERCLE DE MINUIT, NEW MORNING (FRANCE), PLACE DES ARTS (CANADA), BLACK ROCK ART CENTER (CONNECTICUT), mais aussi a pris part aux festivals les plus médiatisés (« Francofolies » et le « Festival de jazz de Montreal »), Festival des musiques métissées (FRANCE), Reggae on the river (SAN FRANCISCO), Festival de jazz à Ste Lucie.

Pour cela, elle a bénéficié du support inconditionnel des meilleurs représentants de la musique haïtienne dont Pierre Rigaud Chéry, Loulou Dadaille (son guitariste fétiche à ses débuts), Jimmy Jean Felix, Fabrice Rouzier, Makarios Césaire, les frères Widmaier (JOEL ET MUSHI), Richard Barbot, Arius Joseph, Erol Josué, Ralph Boncy (son ex-mari).

La femme flamme n’est pas prête de s’arrêter, bien au contraire! Elle fait son chemin paisiblement, confiante en ses potentialités artistiques, rêvant d’une « ville de terre, d’eau et d’arc-en-ciel heureux », pour parodier le poète Rodney ST ELOI.

Et nos jeunes, les yeux de plus en plus fixés vers les modèles nord-américains auraient intérêt à suivre ses pas de diva (pa gen manti nan sa) si toutefois, ils rêvent de rythmes créoles et de chants annonçant une autre saison au pays de Jocelyne.

André Fouad
andrefouad@yahoo.fr

commentaires
  1. johanne duplessy dit :

    excellent artiste sur une Artiste exceptionnelle : Emeline reste et demeure la Diva de mon coeur.

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