Marck-Richard, un musicien de classe!

Publié: 16 décembre 2011 dans Haïti Culture

En Haïti, quand on est musicien, souvent on est éclipsé, car le charisme d’un chanteur, d’un claviériste peut vous ombrager et jamais on ne décèle votre talent. Marck Richard Mirand est un bassiste, un seigneur de la basse, il joue du Jazz, c’est lui qui fait ombrage aux autres, car il maitrise tellement son instrument, qu’il ne peut passer inaperçu et attire les feux de tous les cameras et projecteurs. Pour vous, il a répondu à nos questions.

Toute Haïti s’est fléchie devant ton talent, mais ne te connait pas vraiment, qui es-tu ?

Je suis Marck-Richard Mirand, haïtien, musicien de profession. Mon instrument de prédilection c’est la guitare basse qu’il ne faut pas confondre avec l’ancêtre des instruments à cordes, la contrebasse que j’ai appris avec Myria C. Carisma ; mon style de musique favori c’est le jazz, bien que je participe dans plusieurs projets de styles différents tels le bossa nova, le reggae, le rock and roll… C’est avec une grande joie que je salue mes nombreux lecteurs.

Enfant, rêvais-tu d’être musicien ?

Non, je voulais être psychologue afin de percer les mystères de la psyché humaine. A l’école comme à l’église je ne chantais même pas. Au collège Maranatha que j’ai fréquenté, il y avait un cours de musique obligatoire que je ne pouvais éviter où j’ai appris à jouer de la flûte à bec. Puis un jour, j’ai été attiré par un son superbe, c’était la basse de Dady. J’ai été lui demander de m’apprendre, il a accepté et le lendemain, j’ai commencé.

Qu’est-ce qui fait de toi le professionnel que tu es aujourd’hui ?

Mon initiation à la basse est plutôt particulière, car tôt j’ai eu droit à beaucoup d’engagements. Dès mes premiers pas, j’ai été sollicité par plusieurs groupes évangéliques, ce qui m’a contraint à un minimum de trois répétitions par jour. Plus tard, j’ai rencontré Claude CARRÉ, qui m’a passé plein de bouquins à travers lesquels j’ai puisé de nombreuses théories.

Y a t-il un ou plusieurs bassistes à t’avoir impressionné ?

Ils sont nombreux, je peux citer John Patitucci que j’ai vu sur DVD, puis Jaco Pastorius, Steve Swallow, Joe Charles, surtout sur ‘’lanmou se flanm’’ et récemment Michel Alibo… Mais, je ne me suis pas enfermé dans leurs styles. J’ai puisé dans de multiples conceptions pour créer la mienne.

Que représente la musique pour toi ?

C’est ce qui me met en transe, qui me rend heureux et à travers laquelle je me retrouve. Sur scène, je suis excité. D’ordinaire je parle peu, mais avec mes cordes, je m’exprime avec beaucoup plus d’aisance.

Pourquoi as-tu choisi le jazz ?

Je suis toujours en quête de nouveautés et même dans le jazz, je démarque de temps en temps de certains styles pour en explorer d’autres. Comme beaucoup de gens, je tournais le poste de mon récepteur quand on diffusait du jazz, jusqu’au jour où j’ai évolué, j’y ai pris goût !

Comment as-tu accueilli l’ovation du public au dernier festival Jazz que tu as participé en Haïti?

Avec beaucoup d’émotions, car en Haïti on a tendance à considérer le jazz comme une musique ennuyeuse parce qu’il faut plus de temps pour comprendre l’information qui y est véhiculée.

En dehors de la musique que fais-tu ?

Je suis cent pour cent bassiste. Il faut tellement de temps et d’énergie à un musicien pour garder la forme, que je me demande ce qu’on peut faire d’autre.

Comment appréhendes-tu l’avenir du jazz en Haïti ?

Le premier festival réalisé est un bon début et on ne doit pas s’arrêter là. Le jazz n’est pas inaccessible. Partout où on a joué le public a apprécié et a réagi. Si on accepte de le diffuser, les gens finiront par l’apprécier.

Le grand musicien que tu es, gagne t-il bien sa vie ?

C’est subjectif, l’expression « bien » peut-être perçue différemment par plusieurs personnes. Toutefois, je dois avouer que je suis toujours insatisfait, non pas parce que je suis négatif, mais juste parce que je cherche toujours ce qu’il y a de mieux.

Ton meilleur souvenir en musique ?

Une tournée avec Beethova Obas. Le plus souvent, le public prête attention au chanteur et non aux instrumentistes, mais cette fois là, on est venu vers moi pour solliciter des autographes et cela m’a beaucoup touché.

A quel moment es-tu inspiré ?

Tôt le matin et tard le soir.

Qu’est-ce que tu aimes ?

Je suis perfectionniste, donc j’adore tout ce qui est soigné. C’est dans ma nature de vouloir bien faire.

Crois-tu en un Dieu ?

Je ne doute pas qu’il y ait des forces dans la nature et une intelligence qui pense et qu’on peut retrouver en chacun un dieu dépendamment de sa façon de voir les choses… Mais, je ne crois pas dans certaines histoires que certains content. C’est ma position par rapport à la divinité.

Qu’est-ce qui peut t’attrister ?

L’imperfection, au sens de la médiocrité.

Qu’est-ce qui peut te plaire ?

De la bonne musique.

Un mot spécial à ceux qui vont te lire.

Je me fais beaucoup de soucis pour eux .., j’ai peur qu’on endommage leurs tympans avec du n’importe quoi……..rires !!! Je veux qu’ils apprécient de la bonne musique, bien que variée.

 

 

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